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Le blog des Vers Luisants

Le blog des Vers Luisants

Sobriété lumineuse, sobriété heureuse ! Eteindre maintenant pour éclairer demain.

Eclairage public en France et énergie

 Une proposition de loi préconise, pour réaliser des économies d'énergie, la réduction de l'éclairage artificiel, qui explose. Des coqs, perturbés par des éclairages, chantent toute la nuit ; des lampadaires éclairent consciencieusement le ciel ; des falaises sont nuitamment illuminées comme en plein jour… Les sources de lumière sont de plus en plus nombreuses. Pollution, s'insurge l'Association nationale pour la protection du ciel nocturne (ANPCN) ; nuisances éventuelles, tente de nuancer l'Association française de l'éclairage, qui rassemble les professeurs du secteur.

Au-delà de la guerre sémantique, les faits sont patents. La consommation d'électricité consacrée à l'éclairage public n'a pas cessé de croître. «De 4,1 TWh en 1990, on est passé à 5,6TWh en 2005», rappelle Dominique Fourtune, chargé de ce dossier à l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) qui ajoute : «Cela représente quasiment la consommation d'une tranche nucléaire.»

Comparée à l'Allemagne, la France fait vraiment figure de mauvaise élève. Là où nos voisins d'outre-Rhin consommaient il y a quelques années 43 kWh par an et par habitant uniquement pour l'éclairage public, les Français en étaient déjà à 91 ! Une inflation suffisamment importante pour que cela ait incité une trentaine de députés à déposer une proposition de loi. «Il ne s'agit pas de supprimer l'éclairage artificiel, mais de le raisonner de manière à réaliser des économies d'énergie», précisent les élus.
 Un texte réjouissant pour tous ceux qui se battent depuis de nombreuses années sur ce sujet. Au premier rang d'entre eux, les astronomes, qui ne peuvent tout simplement plus observer le ciel. Les protecteurs de la nature regorgent d'exemples concernant les effets dévastateurs de la lumière sur la faune. Ce sont les oiseaux migrateurs qui, se déplaçant la nuit, sont déboussolés au sens propre du terme. Sans oublier les insectes aimantés par la lumière qui va les brûler, ni les papillons de nuit, tournoyant autour des lampadaires jusqu'à épuisement.

 Des vers luisants aveuglés


La lumière serait également une des causes de la quasi-disparition des vers luisants, les mâles n'arrivant plus à repérer les femelles qui brillent de mille feux pour les attirer à la saison des amours. Quant aux bébés tortues, alors qu'ils sont programmés pour se diriger vers la mer grâce aux reflets de l'eau, ils se tourneraient vers l'intérieur des terres, attirés par d'autres reflets…

«Chaque fois que l'on étudie un phénomène, on trouve un impact», s'alarme Pierre Brunet, secrétaire de l'ANPCN . Et, tandis que la vogue de l'éclairage roi semblait se calmer dans les années 2000, la toute nouvelle profession dite des «concepteurs de lumière» a relancé le mouvement avec la mise en valeur des monuments. Châteaux, églises, façades, clochers, mais aussi falaises, jardins ou forêts tout est bon pour multiplier les spots et les mises en scène.

Dans les villes, des bureaux et des vitrines commerciales restent allumés la nuit entière. Une manière de faire de la publicité, plaidée par certains commerçants, que n'ap­précient pas les autoproclamés «gangs anti-néons». Tout en revendiquant le choix d'une société basée sur le développement durable, ces jeunes arpentent les rues pour éteindre toutes les enseignes lumineuses. Au-delà de ces opérations symboliques, des communes commencent à changer doucement de mentalité.

À Orgeval (Yvelines) par exemple, la mairie a déjà diminué sa consommation d'électricité de 25 % en installant des systèmes qui permettent de réduire la tension au milieu de la nuit, ou encore en éteignant ronds-points et rangées de lampadaires à minuit.
Techniquement d'ailleurs, tout devrait conduire à une moindre consommation. L'Association française de l'éclairage a beau jeu d'expliquer que les nouveaux matériels permettent de la réduire considérablement tout en éclairant mieux.
Seulement voilà : «Plutôt que d'éclairer autant et de consommer moins on consomme autant et on éclaire plus», affirme l'ANPCN. À raison d'un parc de luminaires qui se renouvelle de 3 % par an, les progrès sont pourtant à portée de main.

Source : Le Figaro - 30 mai 2008

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